Biyouna, icône franco-algérienne, a quitté ce monde dans le silence le plus total, le 25 novembre 2023, à l’hôpital de Benny Messous. Sa mort, survenue à l’aube, a laissé un vide immense dans le paysage culturel, marquant la fin d’une carrière flamboyante, mais aussi d’une vie emplie de contradictions.
L’artiste, de son vrai nom Baya Bouzar, a connu une carrière tumultueuse, oscillant entre adulation et critiques acerbes. Connue pour son franc-parler et son humour corrosif, elle était à la fois célébrée et controversée. Son dernier souffle a été pris dans une chambre d’hôpital, loin des projecteurs et des bruits du monde.
Née en 1952 à Alger, Biyouna a su captiver les cœurs dès son jeune âge, se produisant dans les cabarets algérois. Son rôle dans “La Grande maison” l’avait propulsée au rang de star, mais son parcours n’a jamais été un long fleuve tranquille. Elle a souvent défié les normes socioculturelles, incarnant une féminité libre et audacieuse.
Sa santé s’est détériorée ces dernières années, et un cancer du poumon a été diagnostiqué. Malgré ses souffrances, elle a choisi de vivre dans l’ombre, refusant les hommages publics, préférant quitter ce monde dans la discrétion. Son testament, déposé chez un notaire, a révélé son souhait de ne pas être glorifiée après sa mort.

Les circonstances de son décès, entourées de mystère et de silence, ont choqué ses admirateurs. À l’hôpital, elle était entourée de quelques proches, mais aucun membre de sa famille n’était présent au moment de son dernier souffle. Son corps a été transporté à la morgue dans l’anonymat, conformément à ses volontés.
Les réactions à sa mort ont été instantanées et émouvantes. Sur les réseaux sociaux, des milliers de messages ont afflué, rendant hommage à cette figure emblématique. Des artistes franco-algériens, comme Camélia Giordana, ont partagé leurs souvenirs, témoignant de l’impact indélébile qu’elle a eu sur des générations entières.

Dans les rues d’Alger, des groupes se sont formés pour célébrer sa mémoire, évoquant ses répliques cultes et ses performances inoubliables. Même ses détracteurs ont reconnu son influence sur la culture algérienne et française, soulignant la complexité de son héritage.
Biyouna laisse derrière elle bien plus qu’un simple héritage artistique. Elle a brisé des stéréotypes, incarnant une voix forte et libre dans un monde souvent hostile. Son silence, devenu un écho puissant, soulève des questions sur la place des artistes qui dérangent, même ceux qui les admirent.

Les hommages officiels se font attendre, respectant ses désirs de discrétion. Cependant, une pétition circule pour que l’on nomme une salle de spectacle en son honneur. La lutte pour reconnaître son héritage se poursuit, alors que le monde pleure une étoile qui a su illuminer les cœurs tout en défiant les conventions.
La voix de Biyouna s’est éteinte, mais son esprit demeure. Sa capacité à faire rire, à émouvoir et à questionner les normes continuera d’inspirer les artistes et les générations futures. Sa vie, marquée par des combats intérieurs et des victoires artistiques, reste un témoignage poignant de la complexité de l’identité féminine dans le monde arabe.