Emmanuel Macron a surpris l’Europe en votant contre le traité de libre-échange entre l’UE et le Mercosur, malgré son soutien initial. Ce revirement s’explique par des raisons politiques internes, alors que la France, première puissance agricole, tente de naviguer entre ses engagements climatiques et les pressions agricoles croissantes.
Ce vendredi, les États membres de l’UE ont approuvé le traité avec une majorité qualifiée, mais la France s’est isolée, dénonçant un accord jugé mal pensé. La ministre de l’Agriculture, Annie Genev, a exprimé sa désapprobation, soulignant que ce traité ancien ne répond pas aux attentes environnementales.
Macron, qui avait précédemment affiché son soutien, a tenté de se positionner en défenseur des intérêts français. Il a évoqué une “minorité de blocage” avec l’appui de l’Irlande, mais son discours semble hypocrite face à la réalité de son influence à Bruxelles.
L’ancien président de la commission des affaires étrangères, Jean-Louis Bourlange, a critiqué la gestion incohérente de Macron. Alors qu’il se disait favorable à l’accord lors d’une visite au Brésil, il a depuis changé de cap, face à la résistance des syndicats agricoles.
Le rapport de 2020 sur les conséquences environnementales du traité a été un tournant. La France a alors brandi des lignes rouges sur la déforestation et l’impact climatique, mais ces préoccupations n’ont pas été intégrées dans l’accord finalisé.

Mathilde Dupré, spécialiste de la mondialisation, déplore le manque de sérieux du gouvernement face à ces enjeux. Elle souligne que rien n’a véritablement changé depuis la promesse de protéger l’environnement.
Maxime Combe, économiste, estime que la France a échoué à mener le travail diplomatique nécessaire pour convaincre d’autres États de s’abstenir. Le soutien initial de Macron a été perçu comme un feu vert, aggravant les tensions avec le secteur agricole.
Les récentes manifestations des agriculteurs montrent l’ampleur du mécontentement face à cette situation. La France se retrouve à un carrefour, tiraillée entre ses engagements internationaux et les attentes de sa propre population.
Le vote contre le Mercosur pourrait avoir des répercussions sur la position de la France au sein de l’UE. Cette décision soulève des questions sur l’avenir des accords de libre-échange et sur la capacité de l’exécutif à concilier intérêts économiques et obligations environnementales.