Biyouna, icône emblématique de la scène artistique algérienne, est décédée ce matin à l’hôpital de Benny Messous à Alger à l’âge de 73 ans. Sa mort, marquée par une discrétion poignante, laisse un vide immense dans le cœur de ses admirateurs et un héritage culturel inestimable.
L’artiste, de son vrai nom Baya Bouzar, avait choisi de s’éteindre loin des feux de la rampe, dans un silence qui contraste avec l’exubérance de sa carrière. Connue pour son franc-parler et son humour corrosif, Biyouna était une figure de proue, une voix d’émancipation féminine qui a défié les normes de la société algérienne conservatrice.
Sa lutte contre la maladie, notamment un cancer du poumon, était connue de quelques proches mais soigneusement gardée secrète du public. Malgré ses problèmes de santé, elle avait refusé de se montrer affaiblie, préférant préserver l’image d’une femme forte et indomptable.
Le 25 novembre, à 5h43 du matin, elle a rendu son dernier souffle dans une chambre d’hôpital, entourée par le silence, sans dernier mot. Le personnel médical, respectueux de ses volontés, a retenu l’information jusqu’à ce qu’un communiqué officiel soit publié plus tard dans la journée.

Les réseaux sociaux ont immédiatement réagi à la triste nouvelle, avec des hommages affluant des quatre coins du monde. En Algérie, le hashtag “hona pour toujours” a pris d’assaut les plateformes, témoignant de l’impact profond qu’elle a eu sur la culture populaire.
Biyouna a toujours été plus qu’une simple artiste. Elle était un symbole de la lutte pour la liberté d’expression et l’émancipation des femmes dans un contexte souvent hostile. Son parcours, jalonné de succès et de controverses, a inspiré des générations de jeunes artistes.

Les obsèques de Biyouna se sont déroulées dans la plus stricte intimité, conformément à ses dernières volontés. Aucun hommage officiel n’a été organisé, un choix qui souligne sa volonté de quitter ce monde comme elle l’a vécu : sans protocole, sans approbation.
Cette décision a suscité des réactions mitigées, mais elle reste fidèle à sa nature indomptable. Biyouna a laissé derrière elle non seulement une carrière riche mais aussi une réflexion sur la condition féminine et la liberté d’expression.

Son héritage, bien que sans fortune matérielle, demeure une voix puissante qui continue de résonner dans le cœur de ceux qui ont été touchés par son art. Sa vie et son œuvre rappellent que ceux qui rient ne sont pas toujours heureux, une vérité profonde qu’elle a incarnée jusqu’à la fin.
Biyouna, l’insoumise, s’est éteinte, mais son esprit continue de vivre à travers ses chansons et ses performances. Une légende s’en va, mais son message et son courage resteront gravés dans les mémoires.